Dans ma bibliothèque #4: Patients, de Grand Corps Malade

March 29, 2017

Fabien (aka Grand Corps Malade) n’a pas vingt ans quand, lors d’un été comme tous les autres, il plonge mal dans une piscine trop peu remplie. Le diagnostic est implacable ses vertèbres se sont brisées, il est paralysé et le sera sans doute pour toujours. S’entame alors un long processus de rééducation qui le confronte à une réalité pour lequel personne n’est préparé et surtout pas un jeune de vingt dont le rêve est de devenir basketteur professionnel. Alors même si on sait que l’histoire se termine bien pour lui, Grand Corps Malade nous livre son vécu dans son premier centre de rééducation.


Un sujet difficile, traité en toute simplicité.

L’histoire ne s’embarrasse pas de fioritures inutiles ou de schéma narratif superflu. Le récit débute à l’arrivée au centre de rééducation et se termine à sa sortie. Pas de détails angoissants sur l’accident, sur sa vie avant, ni même sur sa vie après, ou sur sa rencontre avec la poésie et avec le slam. Grand Corps Malade parle de sa vie au centre, la découverte de la tétraplégie, la lente progression vers une autonomie incertaine. Il raconte les petites victoires et les grosses déceptions. Mais surtout il revient sur les rencontres qu’il a faites là-bas. Qu’il s’agisse de patients ou du personnel Grand Corps Malade nous narre ces personnes qui ont fait partie de son quotidien pendant des mois, sur ces personnes qui l’ont aidé à retrouver une vie normale, sur cette intimité qui se lie entre patients, plus par dépit que par réelle affection parfois mais que l’infortune rapproche inévitablement. Il partage avec le lecteur ses pensées, son histoire, mais aussi celles de ceux qui l’entouraient.


Du slam au roman : différents styles, même plume.

Au service de cette histoire Grand Corps Malade a sorti sa plus belle plume. Ses talents de poète n’étaient plus à prouver, maintenant nous savons aussi qu’il peut écrire un roman. Celui-ci est court, je l’ai lu en à peine deux heures, mais il est juste et touchant. Au fil des pages il décrit un univers dur et navigue entre les personnages qui n’ont pas été épargnés par la vie, mais jamais il ne prend un ton d’apitoiement, de jugement ou moralisateur. Il écrit en toute simplicité, avec légèreté et un humour incisif. Il ne passe sous silence aucun détail, même les plus embarrassants, mais cette légèreté et cet humour les fondent dans le reste du livre sans que ne nous soyons embarrassés.

En résumé…

Grand Corps Malade use de son art avec brio pour un livre autobiographique écrit en toute sincérité. Pas de chapitre ni même de repères temporels mis à part celui du temps qui passe. C’est un livre drôlement inspirant pour un sujet aussi dur qui nous immerge dans la vie d’un handicapé. On repose le livre plus éclairé de ce qui se passe dans leur tête, de la vie en centre de rééducation, des difficultés qu’ils rencontrent à vivre avec et en dépit de leur handicap. 

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Pourquoi "The Sight"?

#1 

Avoir la vue, ou "The Sight", c'est voir la vie avec un regard peu ordinaire...
 

#2

Avoir la vue, c'est accepter de ne pas penser comme tout le monde...

 

#3

Avoir la vue, c'est tout simplement voir au delà des apparences...

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