Interview: AEDE (Agir Ensemble pour les Droits des Enfants)

May 4, 2017

 

Chez The Sight, on aime ceux et celles qui pensent différemment, et qui portent en eux l’envie de changer chez les choses. C’est comme ça que notre regard s’est posé sur AEDE (Agir Ensemble pour les Droits de l’Enfant) un collectif d’organisations qui souhaite apporter une lumière sur la situation des enfants en France au regard de leurs droits et faire ainsi changer les choses.

 

Aujourd’hui on accueille donc avec grand plaisir Florine Pruchon, qui parle au nom de l’AEDE.

 

Jordan : Bonjour, on se permet de te tutoyer car on aime mettre en avant des initiatives telle que la tienne le plus simplement possible. Je tiens à dire qu’on est très heureux de t’avoir parmi nous aujourd’hui, d’autant plus pour parler d’un sujet aussi important que la condition générale des enfants et de leurs droits ! Peux-tu nous dire en quelques mots ce qu’est concrètement l’AEDE et quelles sont ses missions ?

 

AEDE : Créé fin 2012, Agir Ensemble pour les Droits de l’Enfant (AEDE) est un collectif qui rassemble plus de 50 organisations (associations, collectif, syndicats…) actives dans tous les domaines de l’enfance (santé, éducation, justice, accompagnement des parents, protection de l’enfance…). Elles ont décidé d’unir leurs forces autour d’un même objectif à savoir : assurer une meilleure effectivité des droits de l’enfant en France. AEDE est une sorte de « think thank » mêlant réflexion et expérimentation POUR et AVEC les enfants.

 

Nos missions :

 

Plaidoyer auprès des pouvoirs publics pour améliorer la situation des enfants en France : notre collectif a été créé initialement pour rédiger un rapport (qu’on appelle « alternatif » car alternatif à celui rédigé par l’Etat) pour présenter la situation des enfants en France entre 2009 et 2015 devant le Comité des Droits de l’enfant des Nations Unies. En effet, la France a ratifié en 1990 la Convention internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) et s’est donc engagée à produire tous les 5 ans un rapport sur son application en France et à être auditionnée par ce comité. Les organisations de la société civile sont également invitées à donner leur point de vue. AEDE a voulu rassembler ses forces de la société civile pour rédiger et publier un rapport écrit véritablement de manière collective.

 

Nous avons fait un point sur la situation des enfants dans notre pays dans des domaines divers et variés (justice, éducation, santé, droits civils et politiques, la protection de l’enfance) et avons émis des préconisations concrètes d’actions. Nous avons été auditionnés par le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies en juin 2015 et nous étions présents à l’audition de la France en janvier 2016. La France a reçu les recommandations à mettre en œuvre dans les 5 prochaines années en février 2016 (lien pour accéder aux recommandations adressées à la France).

    A l’issue de cette audition, AEDE a également rencontré les différents ministères concernés par ces enjeux ainsi que Matignon et l’Elysée et des institutions indépendantes comme le Défenseur des droits pour porter son point de vue sur la situation des enfants dans notre pays et émettre des propositions concrètes d’actions.

     

    Lors de la campagne 2017 (présidentielles et législatives), AEDE a publié un livre blanc pour faire le point sur la situation des enfants en France et tenter de remettre l’enfant au cœur du débat (lien vers le livre blanc).

     

    Participation des enfants et des jeunes : dès l’origine de son projet, AEDE a souhaité associer autant que possible les enfants et les jeunes. Pour la rédaction de notre rapport alternatif, nous avons associé des organisations de jeunesse, recueilli des verbatims d’enfants et organisé 2 rencontres pour avoir leurs points de vue sur leur situation et le respect de leurs droits. AEDE a souhaité développer cette participation des enfants et des jeunes, comme le recommande l’article 12 de la CIDE. Aussi, nous avons lancé fin 2015-début 2016 un réseau national d’enfants et de jeunes avec des groupes territoriaux. Objectif : demander aux enfants et aux jeunes leur point de vue sur le respect de leurs droits autant que possible. Nous avons ainsi organisé 2 rencontres en 2016 avec eux et lancé une consultation nationale pour connaître le point de vue sur leurs droits. Leurs retours et idées ont été pleinement intégrés dans le livre blanc d’AEDE. 

     

    Promouvoir les droits de l’enfant : AEDE multiplie ses actions sur les réseaux sociaux en faveur des droits de l’enfant. Nous avons également en ce sens une campagne intitulée « Un mois, un droit »

     

      Jordan : Quelles relations AEDE entretient-il avec les grandes instances internationales telle que l’ONU ? Et comment ce conglomérat d’organisations fonctionne-t-il (subventions ? dons ? etc.)

       

      AEDE : Comme mentionné ci-dessus, AEDE a été créé à l’origine dans l’optique de rédiger un rapport alternatif véritablement collectif dans le cadre du processus de contrôle et d’application de la Convention internationale des droits de l’enfant mené par le Comité des droits de l’enfant.

       

      Nous avons donc remis ce rapport au Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, avons été auditionnés en juin 2015 et étions présents à l’audition de la France en janvier 2016.

       

      Au-delà de ce processus d’audition périodique, AEDE entretient des liens étroits avec certains membres du Comité des droits de l’enfant. Nous les tenons informés de notre actualité et de l’actualité en matière de droits de l’enfant en France. Nous les avons également conviés à venir échanger avec des enfants et des jeunes sur l’audition de la France en avril 2016. Plus d’infos sur cette journée en cliquant ici.

      Nous n’avons pas de financements des Nations Unies. Nous avons de manière plus globale très peu de financements. Notre collectif vit principalement à travers l’engagement de ses membres dans le fonctionnement de celui-ci et la mise en œuvre des actions.

       

      Jordan : Quelles sont selon toi les actions que peuvent prendre des citoyens lambdas sur une base quotidienne pour améliorer la visibilité de telles problématiques (droits des enfants, actions solidaires, etc.) ?

       

      AEDE : Se cultiver sur les droits de l’enfant, en parler autour d’eux (en effet, près de 60% de la population française ne connaît pas les droits de l’enfant) ou encore diffuser et partager nos actions sur les réseaux sociaux pour essaimer le plus largement possible. La campagne « Un mois, un droit » est un bon exemple d’action que le « citoyen lambda » peut relayer pour faire avancer la question et la prise de conscience des droits de l’enfant en France.

       

      Jordan : Je sais que pendant plusieurs semaines, les équipes en charge de AEDE ont planché sur un livre blanc afin de faire remonter certaines problématiques dans les hautes sphères de la politique française, de façon à ce que nos lecteurs puissent comprendre, peux-tu leur dire ce qu’est un livre blanc ? Comment ça se passe concrètement ? et surtout est-ce que votre travail a eu un écho concret auprès des personnes qu’il faut?

       

      AEDE : Notre livre blanc avait pour objectif de remettre l’enfance au cœur du débat. En effet, dans les débats, on ne parlait nullement des enfants dans toute leur globalité (et non seulement dans leur condition d’élève…) alors que pourtant ils représentent un quart de la population française et que leur situation ne s’améliore pas d’année en année.

       

      L’objectif de ce livre était d’interpeller les candidats sur les questions d’enfance. Nous l’avons rédigé de manière collective. Nos organisations ont rédigé des contributions et nous sommes repartis de nos travaux faits dans le cadre du rapport pour rédiger ce livre blanc. Les enfants et les jeunes ont également été associés via la consultation nationale (mentionnée ci-dessus) et l’organisation de deux rencontres nationales. Nous avons pleinement intégré leurs idées et leurs propositions.

       

      Nous avons envoyé ce livre blanc à tous les candidats à l’élection présidentielle excepté Marine Le Pen du Front National car nous considérons que ce parti n’est pas un parti républicain. Des propositions comme la préférence nationale ou la déchéance de nationalité ou encore le refus de scolarisation pour les enfants étrangers, portées par le Front National, ne correspondent pas aux valeurs démocratiques, d'unité et de fraternité qui sont au cœur de notre action à AEDE.  Nous avons demandé des rendez-vous à l’équipe de M Fillon, de M Macron, de M Mélenchon et M Hamon. Nous avons été reçus par l’ensemble d’entre elles exceptés M Fillon. Nous avons également reçu des courriers de M Cheminade, Mme Artaud et M Asselineau suite à l’envoi de notre livre blanc. Nous resterons vigilants à la mise en œuvre de nos préconisations dans le prochain quinquennat. Notre action va également se poursuivre dans le cadre des législatives. Ce livre blanc va être envoyé à l’ensemble des candidats dans les territoires.

       

      Jordan : Chez The Sight, on aime les gens qui ont une vision (trad : Sight) particulière de la vie, et c’est pour ça qu’on a tenu à te poser toutes ces questions, sans trop réfléchir, peux-tu nous dire en quelques mots ce que signifie pour toi : « avoir une vision originale de la vie » ?

       

      AEDE : une vision humaniste dans lequel la devise nationale « liberté, égalité, fraternité » se décline effectivement dans le quotidien de tous les citoyens, y compris de tous les enfants et les jeunes.

       

      Jordan : Merci du fond du cœur de nous avoir accordé un peu de ton temps précieux, et on gardera toujours un souvenir particulier de cette tout première interview qui ouvre un nouveau chapitre dans le grand livre de l’histoire de The Sight.

       

      AEDE : Merci à vous ! Pour les lecteurs de The Sight, n'hésitez pas à retrouver plus d’infos sur AEDE sur : www.collectif-aede.org mais également sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter.

       

      Share on Facebook
      Share on Twitter
      Please reload

      Pourquoi "The Sight"?

      #1 

      Avoir la vue, ou "The Sight", c'est voir la vie avec un regard peu ordinaire...
       

      #2

      Avoir la vue, c'est accepter de ne pas penser comme tout le monde...

       

      #3

      Avoir la vue, c'est tout simplement voir au delà des apparences...

      © 2023 by Jordan R. Proudly created with Wix.com