Discussion entre apprentis auteurs #4: Rencontre avec la talentueuse Pauline Perrier.

May 31, 2017

Les réseaux sociaux ont étendus nos horizons et nous permettent de faire des rencontres absolument fabuleuses. C’est sur l’un d’entre eux que j’ai rencontré Pauline Perrier, appris à la connaître et bien plus tard qu’elle avait publié son livre : La Brèche. Ni une, ni deux, je l’ai réquisitionné pour qu’elle nous livre ses secrets et parce que c’est une fille formidable, elle a accepté.

 

 

 

Maylis : Coucou Pauline ! Tu es dispo pour la petite interview ?

 

Pauline : Hey je suis dispo ! Je dois juste partir dans 40min mais ça le fait tranquille, non ? Au pire je te répondrai en voiture, c'est pas moi qui conduit.

 

Maylis : Ahah ça marche ! Bon alors je replace un peu le contexte, je n'ai (malheureusement) pas pu lire ton livre mais ne t’inquiète pas quelqu'un d'autre de The Sight est sur le coup donc tu auras aussi droit à une jolie review ! Mais moi aujourd'hui je veux surtout te poser des questions plus techniques sur tout le processus d'édition, sur comment, à peine 22 ans, on réussi à être publiée. Et ma première question pour toi c'est, comment tu as réussi à aller jusqu'au bout de ton roman, comment est ce que tu as réussir à le finir ! ?

 

Pauline : Étonnamment j'ai écris le roman assez vite, en deux mois environ. Cela faisait près d'un an que l'idée me trottait dans la tête, si bien qu'il était presque déjà écrit mentalement quand je me suis lancée. Ce qui m'a vraiment aidée, c'est de passer par le papier pour construire l'histoire, faire des schémas, des plans, prendre des notes et dès que j'étais coincée, je reprenais le cahier et je mettais tout à plat. Un peu comme un plan de disserte. Ainsi, j'ai réussi à avancer et à aller au bout. Bon, j'ai eu de gros pics de découragement, c'est certain, mais je voulais au moins mettre le point final pour voir le rendu.

 

Maylis : Ah ben ça tombe bien c'était justement ma deuxième question ! A quel point as-tu travaillé sur tes notes et l'univers et les personnages avant de te lancer dans l'écriture ?

 

Pauline : J'ai imaginé des plans de la Capitale, très sommaires mais utiles pour m'assurer que les distances que j'imposais parfois aux personnages étaient crédibles. J'ai aussi griffonné quelques notes sur la personnalité des personnages, mais j'avais déjà une vision assez précise en tête de chacun donc je n'ai pas eu à passer des heures à chercher comment les présenter. En revanche, concernant le scénario, je suis beaucoup passée par papier pour vérifier l'enchaînement, et garder une trace d'où je venais et voir où j'allais

 

Maylis : Donc tu avais tout ton roman planifié avant même de commencer à écrire ? Ou tu as commencé à écrire et continué le scénario un peu en même temps ?

 

Pauline : Je savais comment ça allait se terminer, mais j'avais quand même quelques trous dans le plan quand je me suis lancée, alors de temps en temps j'avais besoin de reprendre le scénario pour réfléchir aux meilleurs moyens d'emmener mes personnages à faire ce que je voulais

 

Maylis : D'accord je vois, et au final comment tu t'es décidée à sauter le pas pour te faire éditer ?

 

Pauline : Concernant l'édition, j'ai décidé d'envoyer le manuscrit à des éditeurs dans un élan un peu masochiste. J'étais persuadée que je ne mangerai que des refus, et comme pendant mes phases d'écriture j'ai tendance à me dire "c'est nul, ça n'intéressera personne, ça ne sert à rien de t'entêter", je me disais que les éditeurs confirmeraient ce que je pensais en rejetant le texte. Pourtant, au fond de moi, j'avais le petit espoir de recevoir une lettre positive. Et j'en ai eu deux, de petits éditeurs (Anyways et 5 sens) sur 9 ou 10 éditeurs contactés. (Ndlr : c’est finalement 5 sens qui a publié La Brèche).

 

Maylis : Et ton manuscrit était déjà fini à ce moment là ?

 

Pauline : Oui. Pour avoir fait un stage dans l'édition, les éditeurs peuvent recevoir plus d'une dizaine de manuscrits par jour, ils n'ont pas le temps de se pencher sur des extraits ou des débuts de manuscrit sans garantie que l'on sera capable d'achever le texte. Puis, même d'un point de vue personnel, j'aurais été incapable de soumettre un texte encore en chantier, je suis trop perfectionniste. Après il y a la phase de corrections avec l'éditeur, là on peut se permettre encore quelques modifications.

 

Maylis : Et justement entre le manuscrit de départ et le résultat final est ce qu'il y a beaucoup de différence ?

 

Pauline : Pas tellement. J'ai surtout arrangé quelques détails, revu certaines tournures de phrase dont je n'étais pas entièrement satisfaite. Mais les versions restent très proches.

 

Maylis : Ca doit être vraiment gratifiant de ne pas voir son manuscrit trop chamboulé ! Combien de temps tout ce processus d'édition a duré ?

 

Pauline : Hum... J'ai attendu la réponse environ 4-5 mois, puis le temps de choisir la couverture (c'était, genre, un des plus gros dilemmes de ma vie ah ! ah !), d'apporter les corrections (ç'a été rapide car j'avais déjà un peu retouché le texte, puis l'éditrice avait relevé quelques coquilles et deux ou trois arrangements donc il n'y avait plus qu'à concilier tout ça), puis d'imprimer les ouvrages, environ 2 mois.

 

Maylis : Ah oui donc en fait mis à part l'attente ça a été hyper rapide en fait ! Tu sais si c'est toujours aussi rapide ou si ton roman était si bien écrit que c'est une exception ?

 

Pauline : Je pense que c'est propre à chaque maison d'édition et à son planning éditorial. Par exemple, si j'avais signé chez Anyways éditions, le roman ne serait paru qu'en 2018 car leur programme était bouclé, tandis que 5 sens éditions avait de la place sur son programme. Puis je me suis vraiment bougée pour les corrections, pendant quelques temps je n'ai dormi/mangé/vécu que "La Brèche".

 

Maylis : J'imagine ! Tu parlais de l'étape cruciale de la première de couverture... Comment ça c'est passé ?

 

Pauline : Les éditrices m'ont laissée complètement libre de choisir, elles m'ont orientée vers des banques d'image où elles avaient des crédits et m'ont aussi donné la possibilité d'avoir accès à un graphiste/illustrateur, mais je voulais quelque chose de très visuel, qui attrape le regard tout en dégageant une atmosphère en parfaite harmonie avec le livre. J'ai passé des heures et des heures à éplucher les banques d'images, pour en retenir deux ou trois. J'ai ensuite soumis les photos finales à la ME qui m'a renvoyé des prototypes, que j'ai présenté à quelques amis pour avoir leur avis. Le but ce n'était pas que la couverture ne plaise qu'à moi mais qu'elle soit susceptible d'interpeller le lecteur. Heureusement, la majorité des avis a élu le prototype que je préférais !

 

Maylis : Je te rassure c'est très réussi la couverture est très accrocheuse ! Bon une petite dernière pour la fin, la plus importante de toute... Qu'est ce que ça fait de réaliser son rêve, de tenir son livre dans les mains et de réaliser que des gens vont vraiment le lire !?

 

Pauline : Ah génial qu'elle te plaise ! Hum... C'est à la fois complètement dingue et aussi angoissant. Parce que tenir son livre entre les mains, ce n'est qu'une nouvelle étape de franchie, mais tout est encore à faire. Je suis une inconnue, mon livre n'est pas attendu, et le marché est tellement saturé qu'il est très difficile d'attirer l'attention sur son ouvrage, surtout sans diffuseurs. Alors, bien sûr qu'en ouvrant l'enveloppe avec les premiers exemplaires j'étais fébrile et j'ai versé ma petite larme, mais je reste très terre à terre concernant tout ça. Je garde en tête que rien n'est gagné, que le chemin à parcourir est encore long et tortueux avant de pouvoir prétendre un jour vivre de ma passion. Je travaille sur mon prochain roman, et je réalise que c'est encore plus difficile que pour le premier car j'ai la pression, maintenant, ah ! ah !

 

Maylis : Je ne me fais absolument pas de soucis de pour toi ! Je ne l'ai pas encore lu mais je suis sure qu'il est super et qu'on te retrouvera au salon du livre dans pas longtemps ! Merci en tout cas pour cette super interview !

 

Pauline : Merci à toi pour ton temps et ton intérêt !

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Pourquoi "The Sight"?

#1 

Avoir la vue, ou "The Sight", c'est voir la vie avec un regard peu ordinaire...
 

#2

Avoir la vue, c'est accepter de ne pas penser comme tout le monde...

 

#3

Avoir la vue, c'est tout simplement voir au delà des apparences...

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